Assurance Airbnb et meublé de tourisme : que couvrir ?
Assurer un meublé de tourisme (Airbnb, location saisonnière)
Aucune loi n'impose d'assurance propre au meublé de tourisme. Mais si le logement est en copropriété, la responsabilité civile du copropriétaire est obligatoire, qu'il occupe le lot ou non. Au-delà de cette obligation, il vous revient de choisir la formule adaptée et, surtout, de dire à votre assureur que le logement est loué à des voyageurs.
Ce que dit la loi
Service-public.gouv.fr est clair : « Il n'existe pas d'obligation légale d'assurance pour un meublé de tourisme destiné à la location saisonnière. » La même fiche recommande toutefois, au propriétaire comme au voyageur, de souscrire une assurance adaptée. Source : fiche F2721, vérifiée le 10 mars 2025.
Une règle générale s'applique en revanche dès que le logement fait partie d'une copropriété. L'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit :
> « Chaque copropriétaire est tenu de s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre en sa qualité soit de copropriétaire occupant, soit de copropriétaire non-occupant. »
Source : Légifrance, loi n° 65-557, article 9-1, version en vigueur depuis le 27 mars 2014.
En résumé :
- appartement en copropriété : responsabilité civile obligatoire ;
- maison individuelle : pas d'obligation légale, mais votre responsabilité de propriétaire reste engagée si un sinistre part de votre logement.
Les formules possibles pour le propriétaire
Service-public distingue trois options, plus une garantie complémentaire (fiche F2721) :
| Formule | Ce qu'elle couvre selon service-public | Ce qu'elle ne couvre pas |
|---|---|---|
| Propriétaire non occupant (PNO) | Incendie, dégâts des eaux, catastrophe naturelle, dégradation causée par un tiers, événements climatiques | Les dommages causés par le locataire et ceux qu'il pourrait causer aux voisins ou à un tiers |
| Contrat « pour le compte de qui il appartiendra » | Le logement contre les dommages causés par le locataire, les dommages dont le locataire serait responsable, les dommages causés aux tiers (voisins, copropriété) | Il dispense le voyageur de souscrire sa propre assurance |
| Garantie « abandon de recours » | Les dommages causés au logement par le locataire | Les dommages aux voisins ou aux parties communes ; la responsabilité civile du locataire envers les tiers |
| Responsabilité spéciale villégiature (en complément) | La responsabilité civile du propriétaire en cas de sinistre dans le logement, y compris envers les voisins ou les tiers | Selon le contrat |
Dans la fiche, le mot « locataire » désigne le voyageur. La fiche précise aussi que la PNO est « généralement utilisée lorsque le logement est inoccupé entre 2 locations ». Elle mentionne enfin une garantie « recours des locataires contre le propriétaire », qui couvre votre responsabilité si un défaut d'entretien du logement cause un dommage au voyageur.
Pour comparer des contrats PNO adaptés à votre usage, vous pouvez demander un devis d'assurance propriétaire non occupant en précisant que le logement est loué en courte durée.
Déclarer la location courte durée à son assureur
La direction générale des entreprises donne ce conseil aux loueurs : « vérifiez auprès de votre assurance habitation que votre contrat couvre la location saisonnière ». Source : entreprises.gouv.fr, « Les meublés de tourisme », publié le 10 février 2025.
Un contrat est établi sur la base de ce que vous avez déclaré : résidence principale, résidence secondaire, logement loué à l'année ou à des voyageurs. Si l'usage réel n'a pas été déclaré, ou l'a été de façon inexacte, le code des assurances prévoit deux cas :
- fausse déclaration intentionnelle : « le contrat d'assurance est nul en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle de la part de l'assuré, quand cette réticence ou cette fausse déclaration change l'objet du risque ou en diminue l'opinion pour l'assureur » (article L113-8) ;
- erreur sans mauvaise foi établie, découverte après un sinistre : « l'indemnité est réduite en proportion du taux des primes payées par rapport au taux des primes qui auraient été dues, si les risques avaient été complètement et exactement déclarés » (article L113-9).
Concrètement, avant la première réservation :
1. Prévenez votre assureur que le logement accueillera des voyageurs, et pour quelle période.
2. Demandez une réponse écrite sur ce qui est couvert : vol, dégradations, responsabilité civile envers les voisins.
3. Vérifiez les exclusions et les franchises liées à la location de courte durée.
4. En copropriété, vérifiez que votre responsabilité civile de copropriétaire reste couverte pendant les locations.
Et les garanties des plateformes ?
Pour savoir ce que prévoit une plateforme de réservation en cas de dommage, reportez-vous aux conditions de la plateforme elle-même. Cet article ne les décrit pas. Demandez aussi à votre assureur comment votre contrat s'articule avec elles.
Le voyageur : la garantie villégiature
Côté voyageur, service-public indique que le contrat de location peut imposer une assurance couvrant les risques liés au séjour. Trois options sont décrites (fiche F2721) :
- un contrat multirisque habitation qui inclut déjà une garantie villégiature, en vérifiant l'absence de clause limitative (par exemple géographique) ;
- une assurance spécifique pour la durée du séjour ;
- l'ajout de la garantie villégiature à son contrat habitation.
Si vous êtes propriétaire, vous pouvez donc demander au voyageur une attestation de garantie villégiature, sauf si vous avez souscrit un contrat « pour le compte de qui il appartiendra », qui l'en dispense.
Les démarches obligatoires, en bref
L'assurance n'est qu'une partie du sujet. Louer un meublé de tourisme suppose aussi :
- une déclaration et un numéro d'enregistrement : selon service-public, l'enregistrement sera obligatoire dans toutes les communes à la mise en service du téléservice national, prévue au quatrième trimestre 2026 (actualité A18880, publiée le 27 juillet 2026) ;
- une limite de 120 jours par an pour une résidence principale, que la commune peut abaisser à 90 jours (code du tourisme, article L324-1-1) ;
- le respect du règlement de copropriété, et l'information du syndic.
Tout le détail est dans notre article Meublé de tourisme : déclaration, numéro d'enregistrement et règles 2026.
Vous louez aussi un logement à l'année ? La garantie loyers impayés protège contre un autre risque, celui des loyers non payés par un locataire en titre.
Questions fréquentes
L'assurance est-elle obligatoire pour louer sur Airbnb ?
Aucune loi n'impose d'assurance spécifique au meublé de tourisme. Mais en copropriété, la responsabilité civile du copropriétaire est obligatoire (loi du 10 juillet 1965, article 9-1). En pratique, louer sans prévenir son assureur expose à une réduction d'indemnité, voire à la nullité du contrat en cas de fausse déclaration intentionnelle.
Mon assurance habitation couvre-t-elle la location de ma résidence principale ?
Ce n'est pas automatique : tout dépend de votre contrat. La direction générale des entreprises conseille de vérifier auprès de votre assureur que le contrat couvre la location saisonnière. Demandez une confirmation écrite avant la première réservation.
Qui paie si un voyageur abîme le logement ?
Cela dépend des contrats en place. Selon service-public, une PNO seule ne couvre pas les dommages causés par le locataire. Un contrat « pour le compte de qui il appartiendra » couvre le logement contre ces dommages ; une garantie « abandon de recours » couvre les dommages causés au logement par le voyageur. La garantie villégiature du voyageur peut aussi intervenir. Pour les dispositifs propres à une plateforme, reportez-vous à ses conditions.
Une PNO suffit-elle pour un meublé de tourisme ?
Pas forcément. Service-public la présente comme une assurance qui protège le bien, notamment entre deux locations, mais qui ne couvre ni les dommages causés par le voyageur ni ceux qu'il cause à des tiers. Elle se complète par l'assurance du voyageur ou par une autre formule.
Sources
- service-public.gouv.fr, fiche F2721, « Location saisonnière : comment assurer un meublé de tourisme ? », vérifiée le 10 mars 2025.
- Légifrance, loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, article 9-1, version en vigueur depuis le 27 mars 2014, consulté le 4 octobre 2026.
- Légifrance, code des assurances, article L113-8 (version en vigueur depuis le 8 janvier 1981) et article L113-9 (version en vigueur depuis le 21 juillet 1976), consultés le 4 octobre 2026.
- Direction générale des entreprises, « Les meublés de tourisme », publié le 10 février 2025.
- service-public.gouv.fr, actualité A18880, « Mettre son logement en location : les règles évoluent en 2026 », publiée le 27 juillet 2026.
- Légifrance, code du tourisme, article L324-1-1, version en vigueur depuis le 20 mai 2026, consulté le 4 octobre 2026.