Assurance bateau obligatoire ? Loi et exigences des ports

Par L'équipe d'experts Jemassuremoinscher — 04/10/2026

Assurance bateau : obligatoire ou non, et que peut exiger votre port ?

Aucune règle générale n'oblige à assurer un bateau de plaisance : service-public.gouv.fr indique que cette assurance est « facultative ». La loi ne l'impose qu'aux navires d'une jauge brute égale ou supérieure à 300, surtout de grands yachts. En revanche, un port ou une marina peut exiger une attestation d'assurance pour vous attribuer une place d'amarrage : c'est le règlement de chaque port qui compte.

Ce que dit la loi

Le principe : une assurance facultative

La fiche officielle sur l'assurance des bateaux de plaisance commence ainsi :

> « L'assurance d'un bateau de plaisance est facultative. »

Source : service-public.gouv.fr, fiche F2725, vérifiée le 6 février 2025.

Un voilier, un bateau à moteur ou un semi-rigide de plaisance peut donc naviguer sans contrat d'assurance au regard de la loi. Cela ne veut pas dire que c'est prudent (voir plus bas), ni que votre port l'accepte.

L'exception : la jauge brute de 300 et plus

La même fiche précise : « L'assurance est obligatoire pour les navires de plaisance ayant une jauge brute égale ou supérieure à 300. Cela concerne principalement les grands yachts et navires de plaisance à usage professionnel. »

Le texte de référence est l'article L5123-1 du code des transports :

> « Le propriétaire inscrit d'un navire ou toute autre personne, telle que l'affréteur coque nue, qui est responsable de l'exploitation du navire, souscrit une assurance ou une autre garantie financière, avec ou sans franchise, lorsque ce navire bat pavillon français ou entre dans un port français et que sa jauge brute est égale ou supérieure à 300. »

Le même article ajoute : « Un certificat attestant que la garantie est en cours de validité doit se trouver à bord du navire. » Le seul critère retenu par ce texte est la jauge brute : il ne fixe aucun seuil de puissance moteur ni de longueur.

Ce que peut exiger un port ou une marina

Service-public le dit sans détour : « certains ports ou marinas peuvent exiger une attestation d'assurance pour que vous puissiez obtenir une place d'amarrage ». Le mot important est « certains » : il n'existe pas de règle nationale qui impose une assurance à tous les plaisanciers dans tous les ports.

Deux éléments le confirment :

En pratique, l'exigence d'une attestation vient du règlement particulier du port ou du contrat d'amarrage. Avant de demander une place à l'année ou de prévoir une escale :

1. Lisez le règlement particulier du port et votre contrat d'amarrage ;

2. Demandez à la capitainerie quelles garanties sont attendues (responsabilité civile seule, ou davantage) ;

3. Gardez l'attestation à jour et à portée de main pour la présenter au renouvellement.

Place de port à l'année, garantie d'usage et mouillage

Certains ports proposent une garantie d'usage d'un poste. L'article R5314-34 du code des transports prévoit qu'« Il peut être accordé des garanties d'usage de postes d'amarrage ou de mouillage pour une durée maximale de trente-cinq ans », en contrepartie d'une participation au financement d'ouvrages du port. Le contrat doit aussi prévoir que ce droit « ne peut faire l'objet d'une location que par l'entremise du gestionnaire du port ou avec son accord ».

Ce texte ne contient aucune règle d'assurance. Si une attestation vous est demandée pour une garantie d'usage ou pour un mouillage organisé, elle relève du contrat signé avec le gestionnaire : c'est donc lui qu'il faut interroger.

Sans assurance, que risquez-vous ?

Ne pas être obligé de s'assurer ne protège pas des conséquences d'un accident. Service-public prévient : « En l'absence d'assurance, vous devrez indemniser personnellement les victimes, ce qui peut avoir de lourdes conséquences financières en cas d'accident. »

Une collision avec un autre bateau, un baigneur blessé, un ponton endommagé au port : sans contrat, c'est vous qui payez la réparation du préjudice. C'est pourquoi la fiche officielle ajoute qu'« il est fortement conseillé de souscrire au moins une assurance responsabilité civile ».

Quelle couverture minimale choisir ?

1. La responsabilité civile : c'est le minimum conseillé par service-public. Elle couvre les dommages que vous causez à des tiers, qu'il s'agisse de blessures ou de dégâts matériels.

2. Les garanties d'un contrat multirisques plaisance, que la fiche F2725 cite en exemple : « Dommages au bateau (incendie, tempête, naufrage, collision) », « Vol », « Frais de retirement d'épave et de remorquage. »

3. Les autres options (équipements, assistance, hivernage à terre…) varient d'un contrat à l'autre : comparez les conditions générales.

Pour souscrire, préparez les pièces citées par service-public : « les documents du bateau (titre de propriété, certificat d'immatriculation) et le permis de navigation du conducteur ». Si votre bateau exige un permis, consultez notre guide permis côtier, hauturier ou eaux intérieures.

Selon votre bateau, voyez nos pages assurance voilier, assurance bateau à moteur ou assurance jet-ski. Pour comparer les offres de nos assureurs partenaires, lancez une demande de devis d'assurance bateau : un conseiller étudie votre bateau, votre zone de navigation et votre port d'attache.

Questions fréquentes

Une capitainerie peut-elle refuser mon bateau sans attestation ?

Si le règlement du port ou le contrat d'amarrage exige une attestation d'assurance, oui : service-public indique que certains ports peuvent l'exiger « pour que vous puissiez obtenir une place d'amarrage ». Aucune règle nationale ne l'impose ni ne l'interdit : renseignez-vous auprès de la capitainerie.

Un jet-ski doit-il être assuré ?

Aucun des textes officiels consultés ne prévoit d'obligation d'assurance propre au jet-ski (véhicule nautique à moteur) : la règle générale de la plaisance, « facultative », reste la référence, sous réserve des exigences de votre port. La responsabilité civile reste vivement conseillée. Les règles de navigation et d'équipement sont détaillées dans notre guide sur la division 240.

L'assurance est-elle obligatoire pour un bateau de location ?

Les textes consultés n'imposent pas d'assurance au locataire d'un bateau de plaisance. Ils imposent en revanche des formalités : depuis l'arrêté du 11 octobre 2024, modifié le 21 mai 2026, le locataire ou l'emprunteur signe une déclaration préalable (division 240, article 240-3.02). Avant de louer, demandez au loueur ce que couvre son contrat et ce qui reste à votre charge.

L'assurance est-elle obligatoire selon la puissance ou la longueur du bateau ?

Non. Le seul seuil légal est la jauge brute de 300 et plus (article L5123-1). La puissance compte pour le permis, pas pour l'obligation d'assurance.

Sources

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